TCAIM
Ce courriel ne s'affiche pas correctement?
Cliquez ici pour le visualiser dans votre navigateur
  TCAIM logo Youtube Twitter Facebook RSS Courriel



DE LA NÉCESSITÉ DE SOULIGNER LE 15 JUIN EN TEMPS DE PANDÉMIE

Le 15 juin, Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes aînées, sera souligné différemment cette année. Alors que, collectivement, nous luttons depuis près de trois mois pour protéger les personnes les plus vulnérables en instaurant et respectant des mesures de confinement, nous souhaitons rappeler que dans pareille situation, la maltraitance envers les personnes aînées peut prendre différentes formes auxquelles il faut aussi lutter.

Nous joignons nos voix dans cette infolettre spéciale de la TCAÎM afin de mettre en lumière les efforts et les actions pour contrer la maltraitance, tout particulièrement dans le contexte de crise que nous vivons actuellement.  Souligner la journée du 15 juin permet de rendre visible la problématique de maltraitance envers les personnes ainées et de se rappeler la préoccupation commune pour le bien-être et la sécurité des aînés, plus isolés que jamais en cette période de confinement.   

Parce que c’est si important, nous avons décidé de co-signer ce mot d’ouverture.

Chacun de nous, par nos propres activités durant cette pandémie, avons été à même de constater l’ampleur de la détresse de certaines personnes aînées, et malheureusement comment cela peut les emmener à être plus susceptibles de vivre de la maltraitance.

Les organismes du milieu communautaire aîné montréalais n’ont pas mis de temps à réorganiser leurs services afin de demeurer en contact avec leurs membres et bénéficiaires aînés. Pensons à la FADOQ-Région Île de Montréal qui a rejoint un très grand nombre de personnes, en priorité leurs membres de 80 ans et plus.  Les Petits Frères aussi travaillent sans relâche pour rester en contact avec les grands aînés sans famille et se soucient au quotidien des personnes en CHSLD de qui il n’est pas simple d’obtenir des nouvelles.  La TCAÎM est présente auprès de ses membres qui sont sur le terrain et que dire de la Ligne Aide Abus Aînés toujours au service de cette angoisse qui se traduit dans des appels de détresse au quotidien.

Rappelons-nous qu’il y a plusieurs types de maltraitance : maltraitance psychologique; maltraitance physique; maltraitance sexuelle; maltraitance matérielle ou financière; maltraitance organisationnelle; âgisme; violation des droits et que celle-ci peut se manifester de différentes façons :

  • Comment nommer ce qui se passe actuellement dans quelques CHSLD, particulièrement à Montréal?  Il y a certainement là une forme de négligence qui ne date pas d’hier et qui nous saute au visage en ces temps difficiles.
  • Comment qualifier l’attitude de certains citoyens qui se permettent d’apostropher des ainés dans la rue en leur disant de rentrer chez eux?  Parlons-nous ici d’âgisme?
  • Pourquoi avons-nous eu besoin de cette calamité pour prendre collectivement conscience de ces situations inacceptables?

Rappelons qu’en plus des personnes aînées en CHSLD, certaines personnes aînées sont particulièrement touchées par la pandémie. Parmi celles-ci, les personnes aînées demeurant en résidences privées (RPA), qui sont assujetties à des mesures de confinement spécifiques à ces milieux de vie ainsi que les personnes aînées d’origine immigrante, qui composent près de la moitié des aînés montréalais, et particulièrement celles qui ne s’expriment ni en français ni en anglais.

Relativement aux personnes aînées les plus vulnérables, hébergées en milieux de vie publiques et les plus atteints par la pandémie, rappelons les avancées récentes en matière de lutte à la maltraitance envers les personnes aînées prévu à la Loi 6.3. Cette Loi, visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité, prévoit l’adoption d’une politique de lutte contre la maltraitance envers les personnes aînées (et les adultes vulnérables) dans les établissements de santé et de services sociaux publiques.

En cours d’année, les établissements de la région de Montréal ont fait la promotion de leur politique par des feuillets d’information et des affiches. Parmi les mesures de la loi 6.3, notons également le signalement obligatoire de certaines situations de maltraitance. À ces mesures s’ajoute le règlement sur les mécanismes de surveillance dans les CHSLD entrée en vigueur en 2018.  Le saviez-vous?

Et un jour, on s’en sortira. Dans quel état? À nous tous d’y voir. Le déconfinement qui s’amorce n’est que le prélude aux différents chantiers qui nous attendent.

Il faudra du courage politique avec des leaders forts et déterminés à ne plus jamais revire ça, du moins pas de cette façon! En espérant que les politiciens seront tous prêts à faire autre chose que de la politique.

Il faudra une sérieuse réflexion de société sur la place de nos aînés dans un monde tout à fait inadapté à leurs réalités.

Il nous faudra prendre conscience que nous sommes tous des Vieux en devenir et nous poser la question : comment voulons-nous vivre cette ultime étape de notre vie?

Il nous faudra mettre beaucoup d’amour et de respect dans tout ça. On ne s’en sortira pas autrement.

D’ici là, rappelons-nous que la COVID-19 a ciblé, et continue de cibler, plus durement les personnes ainées, ne les ciblons pas davantage. Soyons tolérant. Zéro harcèlement!


1- Le 15 juin, Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes aînées, est une journée qui a été officiellement désignée par les Nations Unies en 2011 à la demande du Réseau international de prévention contre la maltraitance des personnes âgées. Quelques années plus tôt, en 2006, ce réseau lançait pour la première fois cette importante journée au cours de laquelle, depuis, s’élève à travers le monde d’une voix commune, l’opposition aux torts causés aux aînés en situation de maltraitance.




Même si les mesures de confinement ne nous permettent pas d’organiser, comme les années précédentes, des activités qui impliquent des rassemblements, la TCAÎM, ses partenaires et plusieurs organismes ont décidé d’offrir des activités en ligne sous forme de webinaires. En voici une recension…la journée du 15 juin risque d’être très occupée!

COVID-19 et maltraitance envers les personnes aînées

État de la situation et perspectives à l’aube d’un déconfinement progressif

Le 15 juin à 13h00, à l’image du point de presse gouvernemental quotidien auquel nous sommes pratiquement abonnés, nous organisons un panel formé de 3 représentants d’organisations-phares pour les personnes aînées lorsqu’il s’agit de maltraitance :

- SPVM
- Ligne Aide Abus Aînés
- Autorité des marchés financiers

Apprenez-en davantage sur les impacts de la pandémie relativement à l’âgisme, la fraude et autres types de maltraitance dont les personnes aînées peuvent être victimes. Qu’avons-nous tiré comme leçons? Comment pouvons-nous en protéger nos proches? Comment faire de la prévention?

Assistez à ce panel qui sera diffusé en direct via Facebook Live et posez vos questions aux panélistes.


L’âgisme en un clin d’œil

Pour marquer la Journée mondiale de lutte à la maltraitance envers les aînés, la TCAÎM, en collaboration avec l’Observatoire vieillissement et Société (OVS), organise un webinaire intitulé « L’Âgisme en un clin d’œil » le 15 juin 2020. Cette séance qui se déroulera sur la plateforme ZOOM est destinée à toutes les personnes intéressées à en savoir plus sur l’enjeu de l’âgisme. Sachez aussi que la rencontre sera diffusée parallèlement via Facebook Live sur la page de la TCAÎM.

Il y aura une période de questions pendant la présentation.

Inscription : Pour participer à la rencontre ZOOM, vous devez vous inscrire en transmettant votre nom, prénom et, si applicable, mentionner à quel organisme vous êtes rattaché à projetatmm@tcaim.org

Date limite d’inscription : 12 juin 2020
Durée : 11h à 12h
Nombre de personnes présentes : maximum de 15 personnes
*Pour les personnes qui souhaitent simplement assister au Facebook Live, aucune inscription n’est requise


Webinaire : Lutte contre la maltraitance des personnes aînées : les enjeux LGBTQ+ à prendre en compte

Formation gratuite et ouverte à tous, inscription OBLIGATOIRE.

Dans le Plan d'action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées (2017-2022), il est stipulé que le déni de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre constitue un type de maltraitance et une violation des droits et libertés individuels. Il précise aussi que cela peut constituer un facteur de risque supplémentaire.

À travers cette conférence, la Fondation Émergence explorera en quoi les personnes aînées LGBTQ+ peuvent être plus à risque de subir des actes de maltraitances et pourquoi le déni de l’existence de ces personnes est toujours une réalité dans les milieux aînés en 2020.

Cette conférence reprendra les éléments de la formation Pour que vieillir soit gai visant à sensibiliser les milieux aînés à la diversité sexuelle et de genre. Comme pour cette dernière, cette conférence est ouverte à toute personne intéressée par le sujet, notamment les personnes qui œuvrent dans les milieux aînés ou celles qui les fréquentent. Elle abordera :

- Une introduction aux composantes de la diversité sexuelle et de genre
- Les facteurs de vulnérabilité chez les personnes aînées LGBTQ+
- Comment faire face au déni et lutter contre la maltraitance
- Le témoignage d’une personne aînée LGBT
- Une période de questions-réponses.

Pour plus d’information: julien.rougerie@fondationemergence.org / (438) 384-1058
Vous pouvez aussi consulter la page Facebook de l’événement : https://www.facebook.com/events/912217045965978/


Conférence CREGÉS

 

Le projet « L’âgisme en un clin d’œil : où se manifeste-t ’il ? »

La Journée annuelle du 15 juin souligne l’importance de la maltraitance que vivent les personnes aînées. Celle-ci peut se manifester de plusieurs façons, dont l’âgisme, une forme sournoise de stigmatisation. Pour contrecarrer cette stigmatisation, l’Observatoire Vieillissement et Société (OVS), un OBNL qui œuvre au Québec depuis près de deux décennies, s’est donné pour mission de promouvoir la qualité de vie des aîné.e.s et de relever les défis qu’engendrent l’âgisme et ses conséquences au sein de la société.

En général, l’âgisme est considéré comme un ensemble d’attitudes négatives et de préjugés envers les aîné.e.s et le vieillissement. Souvent irrationnel, il peut engendrer la marginalisation et la perte de pouvoir chez les personnes âgées. Il est une sorte de racisme de l’âge. Notre société valorise en général la productivité, la force et la beauté. Les sociétés occidentales présentent un fort engouement pour la jeunesse. Compte tenu du vieillissement de la population et de l’augmentation de l’espérance de vie, ce jeunisme fait des personnes âgées les principales victimes de l’âgisme, et teinte négativement le discours social envers les personnes aînées et le vieillissement en général. Pourtant, la population aînée a le droit de vivre dans la dignité.

L’OVS souhaite investir la subvention qu’il a récemment reçu dans le cadre du Programme Québec Ami des Aînés (QADA) dans le changement du regard sur le vieillissement et sur les aînés. Pour réussir cette mission, il innove en utilisant un moyen de sensibilisation pour les aînés, notamment la bande dessinée qu'il a créée, qui s’intitule : « L’Âgisme en un clin d’œil, où se manifeste-t-il? ». Cet outil servira à démystifier l’âgisme, à accroître de la bienveillance envers les aîné.e.s et à entretenir de saines relations intergénérationnelles.

Aussitôt que la situation de la pandémie le permettra, l’OVS s’adressera aux aîné.e.s afin de réaliser des sessions de sensibilisation. Pour ce faire, l’OVS utilisera les illustrations de cette BD afin de susciter des discussions sur les diverses situations où l'âgisme est vécu. Les participant.e.s pourront alors mieux les reconnaître, les dénoncer et développer des mécanismes de défense afin de contrer l’âgisme. Les thématiques qui sont illustrées dans cette BD ont été observées dans divers milieux de notre société, comme celui de la famille, de l’éducation, du travail, de la santé, dans les médias et sur la scène politique.

Bien souvent, cette forme de discrimination s’infiltre doucement dans le discours de tout un chacun. Ce qui en résulte c’est que la personne aînée se voit insidieusement influencée par ces marqueurs négatifs. Elle les intègre et se dénigre elle-même. L’auto-âgisme fait alors partie de son discours, souvent exprimé par « je suis trop vieux, ou trop vieille, pour faire ceci ou cela ».


Durant la pandémie, les regroupements d’âges utilisés par nos politiciens et dans les médias ont été remarqués : « nos enfants » et « nos aînés ». Subtilement, l’expression répétitivement utilisée « nos aînés » détient une teneur paternaliste. De plus, elle regroupe en une catégorie toutes les personnes aînées sans égard aux nuances et aux caractéristiques qui distinguent les strates d’âge : « les 70 et plus » sont dès lors tous pareils, tous vieux, tous vulnérables et tous fragilisés par l'âge. Évitons cette forme d’âgisme et restons vigilants.

Nous profitons de cette occasion pour remercier la TCAÎM de son invitation à participer à cette importante journée dédiée à la maltraitance des personnes aînées.

Observatoire, Vieillissement et Société
Diane Ginette Brûlotte PhD, Chargée de projet
Denise Destrempes, Directrice générale

Le projet vous intéresse et vous aimeriez collaborer avec les responsables de ce projet ?
Contactez Diane Ginette Brûlotte à l’adresse courriel suivante : g.brulotte@umontreal.ca


La famille Lajeunesse – Une histoire sur l’âgisme

Depuis le mois d’avril 2019, un groupe de huit aînés, membre de l’organisme du Plateau-Mont-Royal à Montréal, Les Accordailles, élaborent un projet de Photo-roman voulant sensibiliser les gens sur l’âgisme. Après plusieurs étapes, de conscientisations sur le sujet, d’élaboration d’une histoire, d’écriture d’un scénario et prises des photos, nous sommes fiers d’enfin vous présenter La Famille Lajeunesse-Une Histoire sur L’Âgisme.

Cet outil de sensibilisation et de prévention à l’âgisme envers les aînés est gratuit et tout le monde est invité à l’utiliser et le partager!

Dans le contexte actuel de pandémie, les aînés sont bien trop souvent la cible de propos âgistes. Certains aînés rapportent faire l’objet de propos dénigrants : «le vieux, rentre chez toi! », se voir refuser d’être servi dans certains commerces, ou encore, être tenus responsables de l’ampleur de la crise actuelle dans les milieux de soins.

Comprendre l’âgisme

Mais qu’est-ce donc que l’âgisme? Et quelles en sont les conséquences? L’âgisme est le fait d’avoir des préjugés envers une ou plusieurs personnes en raison de l’âge. Le plus souvent, ces préjugés sont accompagnés d’attitude ou de comportement discriminatoire. Par exemple, on croit que les aînés n’apprennent pas aussi vite, donc on ne les embauche pas, on croit que les aînés « retombent en enfance », on décide pour eux, on croit que les aînés ne sont plus utiles, on ne reconnait pas leurs connaissances et leurs compétences. L’âgisme est un type de maltraitance souvent à la base des autres types de maltraitance (pour plus d’informations sur les types de maltraitance : https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/aide-et-soutien/maltraitance-aines/). L’âgisme, c’est essentiellement croire que l’aîné a moins de valeurs et le traiter en conséquence.

L’âgisme peut avoir des conséquences importantes sur les aînés, comme par exemple insuffler la peur, le repli sur soi et la non-reconnaissance des droits.

Pas tous égaux face au vieillissement

Afin de contrer l’âgisme, on parle souvent du bien vieillir de ces aînés qui vieillissent en « jeunesse », demeurant actif et en bonne santé. Ces « jeunes » aînés sont souvent cités en exemple afin de démontrer qu’ils ne sont pas à l’image des préjugés que l’on peut porter envers les aînés et que l’âgisme n’a donc pas sa raison d’être. Qu’en est-il toutefois des aînés plus vulnérables, parfois isolés, parfois malades, parfois hébergés en CHSLD qui ne vieillissent pas selon les standards de jeunesse? L’absence de préjugés et de discrimination ne devrait-il pas s’appliquer pour eux également, mais comment faire quand ils ne correspondent pas à nos valeurs de jeunesse éternelle?

La bientraitance pour contrer l’âgisme


Face à nos aînés les plus vulnérables, en perte d’autonomie, dépendants pour leurs activités quotidiennes et pour leurs soins, la bientraitance devrait être la seule option. La bientraitance n’est pas l’absence d’âgisme, ni l’absence de maltraitance, mais plutôt la promotion du bien-être, de l’épanouissement et de la sécurité des aînés par des petites attentions, par des attitudes et des gestes de tous les jours. S’adapter à ses préférences et à son rythme, le consulter pour les choix qui le concernent, respecter son intimité, discuter avec lui ou elle de son parcours de vie. La bientraitance, c’est substituer les images négatives du « mauvais vieillissement » à l’inclusion, au respect et à la dignité des plus vieux et des plus malades tout autant citoyens, amis et parents de notre société. La bientraitance c’est prendre bien soin de nos aînés parce qu’il ne devrait pas y avoir d’alternative, parce que l’âgisme et la maltraitance n’ont tout simplement pas leur place.

Pour plus d’informations sur la bientraitance, consultez le Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2017-2022 :
https://maltraitancedesaines.com/wp-content/uploads/2020/01/PAM2_FR.pdf

Oser agir contre la maltraitance envers les personnes aînées

En cette période de pandémie, le SPVM et ses partenaires font appel à la vigilance des personnes aînées afin de prévenir la maltraitance dont certaines pourraient être victimes. Le SPVM et ses partenaires demandent également aux parents, aux proches et aux voisins de personnes aînées de garder un œil bienveillant envers ces dernières. Avec la crise de la COVID-19, les personnes aînées peuvent être privées de leur réseau de soutien habituel. Les risques de maltraitance et de fraude sont bien réels et nous devons tous nous en préoccuper.

Soyons à l’affût des indices susceptibles de révéler une situation de maltraitance tels :

  • des blessures inexplicables;
  • une perte de poids;
  • un manque d’hygiène;
  • un changement de comportement;
  • des signes de dépression;
  • une augmentation du nombre de transactions bancaires;
  • la disparition d’objets de valeur.

En tant que personnes aînées, n’hésitez pas à faire valoir vos droits :

  • à la sécurité physique et psychologique;
  • au respect;
  • de prendre vos propres décisions;
  • de disposer de votre argent et de vos biens comme bon vous semble;
  • de recevoir les soins et les services dont elles ont besoin.

Nous avons tous des droits, peu importe notre âge, notre sexe, notre origine ou notre orientation sexuelle.

Comme parents, proches et voisins de personnes aînées ou intervenants auprès de celles-ci, le SPVM et ses partenaires vous invitent à :

  • Prendre régulièrement des nouvelles des personnes aînées de votre entourage;
  • Ne pas hésiter à composer le 911 lorsqu’il n’est pas possible de rejoindre une personne aînée ou le responsable de l’établissement où il vit, et que la sécurité de cette personne vous inquiète.

Des ressources sont là pour vous aider!
Si la situation n’est pas urgente, vous pouvez appeler la Ligne Aide Abus Aînés, que vous soyez une personne aînée vivant de la maltraitance, un membre de sa famille, un ami, un voisin ou encore un intervenant en contact avec ce dernier.

Ligne Aide Abus Aînés
1 888 489-ABUS (2287)
Service anonyme, confidentiel et gratuit
De 8 h à 20 h, 7/7

En cas d’urgence

  • Composez le 911.

Si vous vivez de la maltraitance et qu’il vous est difficile de faire le 911 ou de communiquer avec une ressource d’aide :

  • Sortez de la maison pour que d’autres personnes puissent vous voir, à moins que vous soyez plus en sécurité à l’intérieur.
  • Criez, avertissez vos voisins pour qu’ils appellent la police.

Ensemble, nous devons oser agir contre la maltraitance envers les personnes aînées.

Pour en savoir +

SPVM, Zone aînés : spvm.qc.ca
Gouvernement du Québec : Maltraitance envers les aînés
Gouvernement du Québec : Quebec.ca/coronavirus

Le Temps d’une Pause

L’organisme communautaire Le Temps d’une Pause, qui offre répit et soutien aux aînés, œuvre depuis 2003 au sein de la communauté montréalaise de l’Est de l’île pour améliorer la vie des aînés et de leurs proches aidants.

Notre mission première est d’offrir des périodes de répit aux proches aidants, en proposant des journées d’accueil dans nos centres d’activités de jour pour les personnes âgées vivant avec des troubles cognitifs. La deuxième est de soutenir les proches aidants par la sensibilisation, l’information et la formation aux enjeux liés aux maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson, Corps De Lewy, etc.). Nous conseillons les familles sur les risques associés aux comportements troublants que l’on peut observer chez les personnes vivant avec des troubles cognitifs. Enfin, notre troisième mission est de soutenir les aînés vulnérables du quartier Saint-Michel avec la présence de deux (2) intervenantes de milieu de vie. Leur rôle se divise en deux volets : elles assurent une présence hebdomadaire dans les salles communautaires des HLM aînés, dont l’objectif est de contrer l’isolement social en reproduisant une vie communautaire saine et harmonieuse. En complémentarité au travail de groupe effectué dans les HLM, les intervenantes repèrent, réfèrent et soutiennent individuellement des aînés au quotidien dans la lutte contre les enjeux économiques, sociaux et ceux liés à la santé physique et mentale.

Depuis le 13 mars 2020, les centres d’activités de jour sont suspendus. Inquiétés par le sentiment d’isolement que la situation provoque, nous avons immédiatement mis en place une cellule d’appels téléphoniques. Les proches aidants ainsi que les aînés des HLM peuvent recevoir un soutien psychosocial à distance. L’équipe fait un travail remarquable. La reconnaissance des proches aidants confirme notre lecture des besoins. De plus, nous avons pu bonifier cette opération en faisant appel à des étudiantes/stagiaires en sciences infirmières. Les aînés du quartier Saint-Michel se sont vu offrir un soutien indéniable sur le plan du secours alimentaire. Nos intervenantes de milieu se sont jointes aux partenaires du quartier pour créer, puis distribuer des outils de communication dédiés à la population vulnérable (mise en place d’un système sécuritaire de livraison de denrée alimentaire, mise en place d’une liste des ressources communautaires, rappel des consignes de protection, diffusion des numéros de téléphone en cas d’urgence et bien plus encore).

En cette semaine québécoise intergénérationnelle du 24 au 30 mai et à l'aube de la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées le 15 juin prochain, une distribution de plantes, telle que la menthe, le thym et la ciboulette seront offerts par le Temps d'une pause aux aînés. Ces plantes sont étiquetées avec des numéros de téléphone des ressources communautaires, institutionnelles et publiques te que la ligne d'aide abus aînés. Ces plantes seront accompagnées de lettres d'espoir et d'encouragements provenant de citoyens, partenaires, élus et même de dessins d'enfants.

Certains impacts du confinement

Les conséquences du confinement pèsent lourd. Les réactions et les besoins sont évolutifs et exprimés avec plus d’intensité à la fois chez les aînés et les proches aidants. Toutefois, nous sommes impressionnés par la force que nous décelons chez les proches aidants. Le suivi des appels téléphoniques nous démontre une grande capacité d’adaptation. Quant aux personnes aînées vivant dans les HLM, l’aide alimentaire est maintenant stable, mais nous nous interrogeons sur les conséquences de la sédentarité et de l’isolement que cause le confinement : manque d’exercices et absence de relations familiales et sociales, notamment. Nous nous doutons aussi que les consignes de protection ne sont pas tout à fait respectées, ce qui augmente leur précarité.

La maltraitance ainsi que l’intimidation sont des réalités que vivent les personnes aînées et, en période de crise liée à la COVID-19, c’est une évidence. L’isolement social, la mauvaise santé physique, la barrière de la langue, la dépendance et les déficits cognitifs font partie des facteurs de risque et de vulnérabilité chez certains aînés. L’aggravation des conséquences de multiples types de maltraitance ainsi que le confinement que vivent les aînés depuis le début de la crise préoccupent sérieusement nos intervenantes ainsi que nos partenaires. Nous ressentons la détresse dans la voix des aînés qui nous appellent, on entend leur impuissance et le découragement devant l’effort à trouver un simple 25 cents pour faire son lavage. 

Ceci dit, l’accès à l’argent est parfois limité : comptoir de caisse fermé, la non-accessibilité de certains guichets automatiques, l’incapacité à pouvoir utiliser une carte de guichet ou de se payer quoi que ce soit en ligne. Nous constatons des abus pour les services avec « commission ». L’aide donnée est « monnayée ». Certaines personnes abusent des besoins physiques et/ou psychologiques des personnes aînées. Nous continuons les sensibilisations aux aînés, aux partenaires ainsi qu’aux commençants en rappelant l’existence de la Ligne Aide Abus Aînés. L’important c’est d’en parler, se concerter et d’outiller les aînés en rappelant qu’ils ne sont pas seuls.  

 

Et demain ? 

 

Puisque nous travaillons avec des personnes à très grand risque, l’avenir à court terme est incertain et nos moyens de nous projeter dans le moyen et long terme sont limités. Alors nous nous interrogeons :

  • Comment offrir du répit aux proches aidants alors que nos centres d’accueil ne sont pas près d’accueillir de nouveau ce public.
  • Comment appliquer la distanciation physique avec une personne souffrant de la maladie d’Alzheimer, dont on sait que la stimulation sensorielle reste le meilleur moyen pour maintenir l’autonomie et l’indépendance de cette personne ?
  • Comment innover en respectant les multiples risques que nous devons maîtriser ?
  • Comment adapter nos programmes d’activités de groupe dans les salles communautaires pour les aînés des HLM de Saint-Michel, alors que les consignes de protection obligent à la distanciation ?

 

Quelles adaptations à court terme ?

Le partenariat et le respect des engagements seront au cœur de notre action. L’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM), gestionnaire des immeubles est notre partenaire privilégié. Notre souhait est de former avec cette instance une équipe de travail où nous pourrons réétudier de nouvelles approches en intervention de milieu, et ce, pour le bien-être des aînés dont le besoin de socialisation est criant. Les intervenantes de milieu mettront en valeur leur expertise et seront partie prenante dans le processus d’adaptation. En attendant, nous poursuivons les appels téléphoniques pour maintenir les liens et organisons des activités au pied des balcons pour le plus grand plaisir des aînés. La capacité de création demeure notre meilleure alliée.

Pour soutenir les proches aidants, nous adaptons présentement nos ateliers en mode vidéoconférence. Malgré de bons résultats, nous observons un manque d’homogénéité chez les aidants concernant la compétence informatique. L’enjeu majeur du déconfinement pour notre organisation sera notre capacité à fournir de nouveau des services de répit. Rappelons que ce sont plus de 30 000 heures de répit en centre d’accueil que nous donnons chaque année. Le répit permet d’équilibrer la vie de l’aidant et lui évite les impacts de l’accompagnement 24h/24h. Le réservoir émotionnel d’un proche aidant n’est pas un contenant stable. Aussi, permettre aux proches aidants de prendre une pause dans leur quotidien et récupérer de l’énergie physique et psychologique sont indispensable. Combien de situations de maltraitance trouvent leurs origines dans l’épuisement physique et psychologique des aidants ? Combien de situation de maltraitance sont subies par les aidants, du fait des comportements parfois agressifs des personnes souffrant de troubles cognitifs ? 

En mode solution

Il nous faut rapidement trouver des solutions. Les organismes communautaires ont démontré leurs expertises et leur réactivité au début de la crise. Il nous faut maintenant agir pour écrire le futur. Toutefois, nous sommes dépendants des orientations que prendra le gouvernement dans les semaines et mois à venir. Nous observons l’abondance des fonds mis à la disposition dans cette conjoncture. Nous espérons qu’il restera des moyens pour penser les nouveaux projets qui vont structurer l’avenir.

En effet, le premier projet que nous proposerions a déjà existé, mais s’est arrêté faute de financement.  Il s’agit de créer une coordination nationale des agents de terrain du programme Initiative de Travail de Milieu auprès des Aînés vulnérables. En effet, plus d’une centaine de héros travaillent aujourd’hui au contact des personnes âgées vulnérables et leur impact est considérable. La crise est venue démontrer tout ce savoir-faire et savoir-être. Nous devrions continuer à investir et évaluer sociaux économiquement ce programme, car il est un pilier de l’action sociale québécoise auprès des aînés vulnérables.

La politique de proche aidance que le gouvernement élabore doit reconnaître le rôle crucial des proches aidants. Nous considérons que dans les 15 prochaines années, ces acteurs seront déterminants dans l’action sociale auprès des aînés. Des partenaires fondamentaux comme l’APPUI Montréal accompagnent les organisations pour soutenir et former les proches aidants. On doit renforcer nos capacités à donner des services. Actuellement, un proche aidant d’une personne hébergée se retrouve à construire un réseau, car les acteurs du domicile ne sont plus les mêmes acteurs lorsque la personne aînée est hébergée en CHSLD par exemple. Nous devrions accompagner les proches aidants dans l’ensemble de leur trajectoire, du diagnostic jusqu'à l’hébergement. De plus, les proches aidants sont aussi coordonnateurs de services. En effet, lorsque vous devez organiser le soutien à domicile d’une personne âgée, ce sont parfois 5 à 6 intervenants qu’il faut coordonner et pas forcément les mêmes chaque semaine. Nous pourrions repenser cette approche en renforçant les compétences des intervenants à domicile afin que les proches aidants n’aient plus qu’un nombre limité d’intervenants à coordonner. 

Comme nous l’avons évoqué, pour permettre le maintien de l’autonomie à domicile des personnes vivant avec une maladie neurodégénérative, les proches aidants sont et seront les acteurs clefs. Proposer différentes formes de répit en un même lieu est une réponse à leurs besoins. Nous devons penser une structure d’accueil 7j/7 proposant du répit occasionnel, en groupe, d’urgence et de nuit. Notre organisation est candidate pour penser et construire ce type de projet. Nous espérons que les partenaires seront au rendez-vous.

Enfin, comme la fondatrice de la maison Carpe Diem à Trois-Rivières, Nicole Poirier, nous défendons l’idée de créer une politique nationale de bientraitance. Cette politique, assurément, pourrait remettre le respect de la dignité humaine comme un indicateur de qualité de l’accompagnement des personnes aînées. Nous travaillons actuellement avec différents partenaires, dont la TCAIM, à l’élaboration d’une conférence sur l’impact de la bientraitance envers les personnes vulnérables, dont celles vivant avec des troubles cognitifs. Cette conférence sera dispensée dans les CHSLD et auprès des intervenants professionnels ou familiaux. Nous sommes optimistes, mais réalistes. Rien ne se fera sans effort. Nous y sommes prêts.

 

Benoit Bouvier, directeur général
Martine Hilaire et Micheline Gravel, Intervenantes de milieux
www.tempsdunepause.org.
accueil@tempsdunepause.org
+1 (514) 722 3000 ext 3036


En cette période de crise, les services essentiels des CAVAC sont accessibles

En cette période de crise sanitaire, le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) reste disponible en tout temps pour les victimes, proches et témoins d'actes criminels ainsi que pour les intervenants qui désirent collaborer pour offrir de l'aide à une personne en situation de maltraitance.

Nous offrons des services d'intervention psychosociale, post-traumatique et d'accompagnement judiciaire aux personnes de tous âges. Le CAVAC de Montréal a développé une expertise dans les cas de violence et de maltraitance envers les personnes de plus de 65 ans.

N'hésitez pas à faire appel à nos services. Pour nous rejoindre: (514) 277-9860.

 

Comme certains d’entre vous le savent peut-être, au cours des dernières années, un travail important a été fait pour sensibiliser les personnes aînées allophones aux situations de maltraitance par le biais d’une démarche de théâtre forum. Grâce au financement du Ministère – Immigration, Francisation et Intégration Québec, plus de 25 pièces de théâtre ont pu être offertes à cette clientèle de Montréal et de différentes régions du Québec comptant d’importants bassins de personnes aînées immigrantes ne parlant ni français ni anglais. De plus, nous avons adapté les outils existants relatifs à l’enjeu de la maltraitance afin de mieux répondre aux besoins des personnes aînées issues des communautés culturelles parlant le français ou l’anglais.

Comme il n’existait pas d’outils pour sensibiliser à la maltraitance les personnes aînées immigrantes ayant des troubles cognitifs et que des professionnels et cadres du système de la santé constataient des situations de maltraitance financière et psychologique, un comité fut mis en place afin de créer de nouveaux outils et un contenu de sensibilisation adapté à cette clientèle.

C’est ainsi qu’a pris forme le comité de travail qui a développé ces nouveaux outils incluant les contenus de sensibilisation. Ce comité est formé par des représentants de la FADOQ-Région Île de Montréal,  de la Société Alzheimer de Montréal, de TANDEM, de la TCAÎM, du Temps d’une pause et de la Coordination nationale pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées d’expression anglaise et de communautés culturelles.

Des capsules vidéo ont été créées à l’été 2019, présentant des situations problématiques qui ont été recensées dans différents milieux. Ce comité a aussi développé une démarche de sensibilisation face à la problématique de l’intimidation entre personnes aînées de différentes origines habitant dans des milieux collectifs.

En voici un bref aperçu :

  • 3 capsules vidéo présentant des situations fréquentes face à la problématique de la maltraitance envers des personnes aînées immigrantes ayant des troubles cognitifs.

 

  • 1 capsule vidéo sur une situation d’intimidation entre personnes aînées de différentes origines vivant en milieu collectif.

Le contenu des conférences fut développé et, par la suite, validé par un groupe pilote.

Voici les étapes à venir dans ce projet :

Formation des intervenants communautaires ayant une expertise en maltraitance qui coanimeront les conférences sur « La bientraitance envers les proches ayant des troubles cognitifs : un objectif à réaliser un jour à la fois »  de concert avec des intervenants de la Société Alzheimer de Montréal (secteur ouest de Mtl) ou ceux du Temps d’une pause (secteur centre et est de Montréal).

Automne 2020

Formation des intervenants communautaires qui coanimeront les conférences sur l’intimidation entre personnes aînées de toutes origines vivant en milieu collectif.

Automne 2020

Diffusion des conférences dans les différents secteurs de Montréal

2020-2021 et 2021-2022

Diffusion des conférences sur l’intimidation entre personnes aînées de toutes origines habitant en milieu collectif

2020-2021 et 2021-2022

 

Les personnes intéressées à s’inscrire aux formations sur ces nouveaux outils doivent contacter la personne ci-dessous mentionnée afin de préciser quelle formation répondra à leurs besoins :
Louise Buzit-Beaulieu
Coordonnatrice nationale spécialisée dans la lutte
à la maltraitance envers les personnes aînées
d’expression anglaise et de communautés culturelles
Tél : 514-528-2400 poste 3910
Cell : 514-386-1459
Louise.buzit-beaulieu@ssss.gouv.qc.ca

En juin, on démystifie l’enjeu de la maltraitance sur les ondes radio 

Dans le cadre des activités du 15 juin, des entrevues seront réalisées avec des animateurs de radios communautaires afin de sensibiliser les personnes aînées immigrantes et tout particulièrement celles qui ne parlent ni français ni anglais à différents enjeux qui les concernent.

Dans le cadre de ces entrevues, plusieurs informations et enjeux y seront traités :
-           la bientraitance en termes de valeurs, attitudes et comportements;
-           les facteurs de risque pour les personnes aînées;
-           l’âgisme constaté en cette période de pandémie;
-           la maltraitance financière.

De plus, à la fin de chaque entrevue, nous profiterons de l’occasion pour transmettre les numéros de téléphone importants à retenir. 

Quelques stations de radio communautaire très populaires ont été approchées dans cette démarche. Citons, entre autres, CKIN 106,3 FM, CKGD 105,1 FM, CHOU 104,5 FM, CILO 102,9FM, CPAM 1410, CFMB 1280, Humsafar 1610, CKVL et Radio Ville-Marie.

Durant le mois de juin, nous vous invitons à syntoniser votre station de radio préférée afin d’en apprendre davantage sur ce sujet grave, mais qui doit néanmoins être discuté.


Témoignage

L’absence d’accompagnement de fin de vie durant la pandémie, une forme de maltraitance

Dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des aînés, nous avons dédiée cette section au témoignage d’une aînée très impliquée dans l’accompagnement de fin de vie. Elle a accepté de nous livrer un témoignage sur l’importance ce que représente cette implication pour elle et sur l’importance de l’accompagnement de fin de vie.

Que signifie pour vous l’accompagnement en fin de vie?

Je suis membre d’un comité des usagers depuis plus de 10 ans. Dès les premières années, je me suis investie afin d’offrir l’accompagnement en fin de vie aux résidents avec ou sans famille. Ce passage de la fin de vie m’interpelle au cœur de moi de par sa beauté, sa vulnérabilité, sa grandeur et son sens sacré. Accompagner une personne dans ses derniers moments ne se traduit pas simplement par le fait d’être là, mais il est essentiel d’être en mesure de rassurer lorsqu’il le faut. Notre attention entière s’adapte au moment présent, soit par un geste d’apaisement, soit par des prières, soit par des mots, soit par des chansons, soit par un silence. Notre présence est source de réconfort, de sécurité, d’écoute, de réceptivité, d’abandon et parfois, de demandes d’ajustement dans les soins.

Comment se passe le service du bénévolat au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal ?

Depuis un peu plus d’un an, le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal recrute et offre une formation aux bénévoles qui se sentent interpellés par ce service. Cette formation permet aux bénévoles d’acquérir les outils nécessaires à l’accompagnement des personnes vulnérables. Pour ma plus grande joie, plusieurs bénévoles sont présents dans les différents CHSLD et hôpitaux du territoire. Ces personnes accompagnent, dans la dignité les personnes qui vivent ces derniers moments afin que ce temps soit empreint de silence, de présence et de respect.

En temps de pandémie COVID-19, les usagers du CIUSSS en fin de vie peuvent-ils être sujets à de la maltraitance ?

Choisir de ne plus offrir ce service revêt à mes yeux une forme de maltraitance, une réponse dénudée de dignité et de respect. Nous oublions que c’est un être vivant qui vit ses derniers moments, et qu’il a droit de recevoir de l’attention et de la présence pour l’aider à vivre les derniers moments de son parcours de vie. La froideur et la distance colorée de rigidité éveillent beaucoup de tristesse et de désarroi autant chez la personne en fin de vie que chez les membres de famille. Les proches traverseraient les étapes du deuil plus harmonieusement si elles avaient la possibilité d’exprimer leur adieu aux membres de leur famille, de les remercier, ainsi que de leur exprimer leur amour.

Donc, selon vous, la maltraitance que vivent ces personnes en fin de vie serait intrinsèquement liée à l’isolement ?

Tout à fait. Cette entrée brutale dans le deuil est vécue moins difficilement lorsqu’elle est adoucie par une présence, tant des bénévoles habiles à offrir cet accompagnement que par les proches tout en respectant les mesures de protection. Et si l’on se fie à toutes les personnes aînées qui perdent la vie en ce moment à cause de la pandémie, je dirais qu’une personne qui meurt vaut plus qu’une simple statistique, elle est une personne et citoyenne à part entière. Le nombre de décès ne cesse d’augmenter et ceux qui partent n’ont plus aucune importance dans la société. Souhaitons que les autorités sachent s’ajuster à la situation actuelle afin d’éviter que la société leur reproche longtemps ce refus de permettre aux personnes en fin de vie de quitter la vie dans le respect et la dignité humaine.




barre de séparation

Table de concertation des ainés de l’île de Montréal
5800, rue St-Denis (suite 602)
Montréal, Qc H2S 3L5
Tél.: (514) 382-0310
www.tcaim.org
info@tcaim.org