Une étude s’intéresse à la valeur du travail des aînés
Une récente étude suédoise intitulée Measuring the value of older people’s production : a diary study tente de mesurer la « production » réalisée par les aînés. Il s’agit d’une recherche pour le moins intéressante, lorsque très souvent, on ne fait que parler des coûts engendrés par les aînés et le vieillissement de la population en soins de santé ou autres. Elle va aussi à l’encontre d’un mythe voulant que les personnes « produiraient » jusqu’à 65 ans et que passées l’âge de la retraite, elles ne feraient que consommer.
L’étude-pilote constitue un début d’analyse, elle n’arrive donc pas à nous donner des résultats chiffrés. Elle réussit toutefois à identifier plusieurs activités produites par les aînés.
En voici :
- Services à domicile chez les autres : soins aux enfants ou jardinage;
- Activités familiales;
- Réparation et entretien d’une maison;
- Participation aux activités organisées par des associations à but non lucratif;
- Participation à des comités dans le secteur communautaire ou autres;
- Visites auprès de personnes seules ou soins infirmiers à domicile, etc.
À cela, il faut ajouter les personnes aînées qui occupent toujours un emploi ou sont propriétaires de leur propre compagnie. Pour ceux et celles qui côtoient des aînés ou qui en sont eux-mêmes, vous savez que ces données reflètent bien la réalité, car un grand nombre d’aînés ont un horaire bien chargé!
Les aînés contribuent pour 3,1 milliards $ par année et même plus!
Des études antérieures ont tenté de mesurer la contribution des aînés, notamment en calculant le nombre d’heures bénévoles réalisées par des aînés. Les personnes âgées de plus de 65 ans, sont celles qui consacrent le plus grand nombre d’heures au bénévolat. En moyenne, un aîné bénévole réalisera 218 heures de bénévolat au cours d’une année, soit près du double de l’engagement des 15 à 24 ans. D’après le mémoire du Conseil des Aînés présenté lors de la consultation sur les conditions de vie des aînés (2007), le travail bénévole des sexagénaires (60-69 ans) et septuagénaires (70-79 ans) représente 3,1 milliards de dollars par année. Ce n’est pas rien! Parmi les activités pratiquées, mentionnons le mentorat ou le tutorat qui permettent à certains aînés de mettre à profit leur expérience auprès des plus jeunes, contribuant ainsi au développement de la société d’aujourd’hui et de demain.
Sur le plan financier, a-t-on oublié que les personnes de 65 ans et plus demeurent de précieux contribuables à l’économie en payant toujours des impôts au fédéral comme au provincial? Les aînés contribuent également de façon importante à l’impôt foncier comme à Montréal, où 44 % des personnes âgées de 65 ans et plus, soit 108 277 personnes, sont propriétaires de leur logement (source : Portrait sommaire des personnes âgées de Montréal, Statistique Canada, 2006). Il faut aussi se rappeler que les aînés ont contribué tout au long de leur vie à l’assurance-emploi et au Régime des rentes du Québec… permettant d’accumuler un capital collectif conséquent.
Les personnes aînées participent aussi à l’économie par leur consommation de biens et de services. Les deux tiers de leur budget total sont consacrés à combler des besoins essentiels tels que le logement, l’alimentation, le transport et les impôts. À cela s’ajoute, les dépenses associées aux loisirs et autres. Toutefois, « au même titre que leurs revenus, leur consommation demeure globalement inférieure à celle de l’ensemble de la population » (Rapport La réalité des aînés québécois du Conseil des Aînés, 3e édition, 2007). Ce n’est pas étonnant quand on connaît la situation de pauvreté de plusieurs aînés montréalais dont nous faisons état dans le billet précédent « L’âge d’or ne roule pas sur l’or ».
Que signifie « être actif »?
Nous espérons vous avoir convaincus que les aînés rapportent à l’ensemble dela société. Parailleurs, ce constat mérite qu’on se pose une dernière question. Devrait-on réellement mesurer économiquement la valeur des activités réalisées par les aînés, dont le bénévolat? Le bénévolat est un don de générosité ou un engagement personnel. Plutôt que de mesurer combien cela rapporte, ne devrait-on pas plutôt trouver une façon d’évaluer et mesurer les impacts sociaux des différentes contributions des aînés?
À force de vouloir donner une valeur monétaire à toute activité, on suppose qu’un individu est actif dans la société lorsqu’il génère des revenus. Pourtant, être actif ne se résume pas seulement par cette conception, on est actif par ce que l’on accomplit réellement chaque jour, que ce soit au travail, à la maison, au sein d’un organisme ou ailleurs! Bref, c’est à tout âge qu’on est actif, même lorsque l’on n’occupe pas un travail, que l’on soit enfant, étudiant, mère au foyer, retraité, etc.
Et vous, quelle est votre définition de la vie active? On attend vos commentaires, au bas de cet article!


