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INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE
L’insécurité alimentaire touche de nombreux aînés de l’île de Montréal, souvent sans que cela se voie. Elle ne relève pas seulement du manque d’argent : elle est aussi liée à la difficulté de se déplacer, de cuisiner et à l’isolement. Elle touche à la fois la santé, l’autonomie, la participation sociale et le maintien à domicile.
Au Canada, en 2022, entre 7 % et 13 % des ménages comptant au moins une personne de 65 ans et plus vivaient une situation d’insécurité alimentaire.
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Une réalité préoccupante chez les aînés isolés
Selon des données de la Direction régionale de santé publique de Montréal, parmi les aînés isolés :
- 25 % éprouvent des difficultés à s’approvisionner en aliments ;
- 46 % trouvent difficile ou partiellement difficile de préparer leurs repas ;
- 37 % mangent seuls tous les jours ;
- 41 % ont subi une perte de poids involontaire au cours des six derniers mois ;
- 44 % connaissent peu ou pas les organismes offrant des services alimentaires dans leur milieu.
L’isolement est loin d’être rare : dans l’agglomération de Montréal, près de trois personnes de 55 ans et plus sur dix sont à risque d’isolement social, soit environ 150 000 personnes.
Quatre obstacles qui se cumulent
- Se rendre à l’épicerie : distances, transport inadapté, trottoirs glacés en hiver.
- L’argent : des revenus fixes qui ne suivent pas la hausse du coût de la vie.
- Cuisiner et manger : limitations physiques ou cognitives.
- La solitude : après un deuil ou une séparation, l’appétit et le plaisir de manger diminuent.
Un obstacle seul peut se contourner. Plusieurs à la fois peuvent compromettre l’autonomie de la personne.
La démarche de la TCAÎM
D’avril 2025 à l’automne 2026, la TCAÎM a mené une démarche de concertation avec des organismes communautaires, le réseau de la santé et des chercheurs. Le 18 juin 2026, elle a transmis un avis au ministère de la Santé et des Services sociaux. Cet avis propose cinq pistes de solutions, arrimées au plan d’action La fierté de vieillir 2024-2029 :
- Sécurité économique : indexer les revenus et financer de façon stable les popotes roulantes et les repas à domicile.
- Accès physique aux aliments : offrir du transport adapté pour les courses et bonifier l’accompagnement aux courses et le PEFSAD.
- Prévention de la dénutrition : faire des rappels et des suivis (PAIR, SécuriCAB) et sensibiliser avec l’appui de nutritionnistes.
- Briser l’isolement : soutenir les repas partagés, les cuisines et jardins collectifs, et reconnaître le bénévolat.
- Accès à l’information : développer des outils adaptés à la langue, à la culture et au numérique, et soutenir la recherche.
L’avis s’inscrit dans une approche fondée sur le droit à l’alimentation, dans l’élan du Sommet national sur le droit à l’alimentation tenu en avril 2026. La TCAÎM se propose comme partenaire pour mobiliser les acteurs montréalais autour de projets structurants, innovants et reproductibles.
habitation
et le milieu de vie
La problématique du logement et du milieu de vie des aînés de l’île de Montréal comporte plusieurs enjeux majeurs. Le premier est la rareté de logements abordables pour les aînés à faible revenu, ce qui les expose au surpeuplement, à la précarité financière et, de plus en plus, à l’itinérance.
Selon le recensement de 2021, l’agglomération de Montréal compte plus de 351 000 personnes de 65 ans et plus, soit 17,5 % de la population. Leur nombre a augmenté de 8,5 % entre 2016 et 2021.
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Sur l’île de Montréal, selon le recensement de 2016, 43,1 % des personnes de 65 ans et plus vivant en ménage privé étaient locataires ; les autres faisaient partie d’un ménage propriétaire. Cette proportion varie fortement d’un territoire à l’autre, de 28,3 % dans l’Ouest-de-l’Île jusqu’à 54,7 % selon le territoire de CIUSSS (DRSP de Montréal, juin 2023). En 2021, 89 % des aînés de l’île vivaient dans un logement privé, les autres en logement collectif (RPA, CHSLD, etc.) (AQRP Montréal, 2024). À titre de comparaison, 32 % des aînés du Québec faisaient partie d’un ménage locataire en 2021.
Sur l’île de Montréal, l’offre d’hébergement comprend notamment :
- 26 232 places en RPA (2023)
- 1 736 places dans les résidences de l’OMHM (2023)
- 191 places en coopératives d’habitation pour aînés (2019)
Le loyer moyen des logements locatifs à Montréal a fortement augmenté au cours des cinq dernières années. Voici le loyer mensuel moyen d’un appartement de deux chambres dans la région de Montréal, selon l’Enquête sur les logements locatifs de la SCHL (octobre de chaque année) :
2021 : 932 $
2022 : 1 022 $
2023 : 1 096 $
2024 : 1 176 $
2025 : 1 346 $
Augmentation au cours de ces cinq dernières années
⬆ 44 %
Se loger à Montréal : un défi croissant pour les aînés
Les aînés sont le groupe d’âge le plus touché par le logement non abordable au Québec. Dans le Grand Montréal, 40 % des aînés vivant seuls consacrent plus de 30 % de leur revenu au logement.
Le loyer moyen d’un logement de deux chambres dans la région de Montréal est passé de 809 $ en 2018 à 1 346 $ en 2025, une hausse de 66 %. En 2025, Montréal a connu la plus forte augmentation des loyers parmi les grandes métropoles canadiennes. Malgré une légère hausse du taux d’inoccupation, les logements les plus abordables restent très rares.
Cette pression se répercute sur l’itinérance. À Montréal, la part des personnes de 65 ans et plus parmi les personnes en situation d’itinérance visible est passée de 6 % en 2018 à 10 % en 2022. Le plus récent dénombrement, réalisé en avril 2025, estime à 5 036 le nombre de personnes en situation d’itinérance visible à Montréal, une hausse de 6,7 % depuis 2022. Au lendemain du 1er juillet 2025, 15,5 % des ménages accompagnés par le service de référence de l’OMHM comptaient au moins une personne de 65 ans et plus. Le Commissaire à la santé et au bien-être signale par ailleurs que de plus en plus d’aînés se retrouvent à la rue pour la première fois à 65, 70 ou 75 ans, après une vie de logement stable.
Sources :
- DRSP de Montréal, Dénombrement 2022 des personnes en situation d’itinérance visible à Montréal : portrait selon les groupes d’âge
- MSSS, Tout le monde compte 2025 : résultats préliminaires (avril 2026)
- Observatoire québécois des inégalités, Bilan du 1er juillet 2025
- La Presse, À la rue pour la première fois à 65, 70, 75 ans (août 2026)
Les valeurs foncières continuent aussi de grimper. Au rôle d’évaluation 2026-2028, la valeur moyenne d’une résidence unifamiliale atteint 927 300 $ et celle d’un condo, 549 600 $. Ces hausses se répercutent sur les taxes et les loyers, ce qui complique le maintien à domicile des aînés, qu’ils soient propriétaires ou locataires.
Le logement social demeure fragilisé. Malgré des investissements importants, plus de la moitié des bâtiments HLM de Montréal (53 %) étaient encore en mauvais ou très mauvais état en 2025.
Enfin, les fermetures de résidences privées pour aînés (RPA) réduisent les options d’hébergement. Près de 700 RPA ont fermé au Québec depuis 2018. Entre 2023 et 2024, sur le seul territoire de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, 11 fermetures ont forcé le départ de 282 locataires.
L’accessibilité universel
à la mobilité
L’accessibilité universelle signifie que tous les citoyens, quels que soient leur âge, leur capacité physique ou leur situation économique, doivent être en mesure d’utiliser facilement et confortablement les services, les bâtiments et les espaces publics.
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Les bâtiments publics tels que les bibliothèques, les centres communautaires et les centres de santé doivent également être accessibles aux personnes âgées et à mobilité réduite.
Lutte à la maltraitance
La maltraitance des aînés est un phénomène répandu et préoccupant qui peut avoir des conséquences graves sur la santé physique, mentale et émotionnelle des personnes âgées. À Montréal, la lutte contre la maltraitance des aînés est une préoccupation importante pour garantir la sécurité et le bien-être de la population vieillissante.
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L’abus financier est également une forme courante de maltraitance des aînés, qui peut inclure l’exploitation financière, la fraude, le vol, ou la manipulation des finances des personnes âgées. Cette forme de maltraitance peut causer des pertes financières importantes pour les personnes âgées et les priver de leur autonomie financière.
L’abus psychologique est une autre forme de maltraitance des aînés qui peut inclure l’intimidation, la coercition, la manipulation, la privation émotionnelle et le harcèlement. Cette forme de maltraitance peut avoir un impact significatif sur la santé mentale et émotionnelle des aînés, provoquant l’anxiété, la dépression et la perte de confiance en soi.
La lutte contre la maltraitance des aînés à Montréal implique la sensibilisation du public à ce phénomène, la formation des professionnels de la santé et des services sociaux pour reconnaître et signaler les cas de maltraitance, la mise en place de services de soutien pour les aînés victimes de maltraitance.
participation sociale
Le bénévolat est une forme de participation sociale bénéfique pour les aînés. En s’engageant dans des activités bénévoles, les aînés peuvent aider à renforcer leur bien-être social et leur satisfaction personnelle, tout en contribuant positivement à leur communauté.
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La participation sociale est un enjeu clé pour les aînés à Montréal, et des efforts doivent être déployés pour garantir leur inclusion dans la communauté et leur bien-être. Les aînés ont des contributions uniques à apporter à la société, et leur participation sociale peut aider à briser les stéréotypes négatifs sur le vieillissement et à renforcer la cohésion sociale.
diversité
Les aînés issus de la diversité ethnoculturelle et de la communauté LGBTQ+ peuvent rencontrer des obstacles spécifiques pour accéder aux services de santé, aux programmes de loisirs et aux activités communautaires.
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• La discrimination, qui peut entraîner un sentiment d’isolement et un accès limité aux services et aux activités communautaires.
• Les barrières linguistiques, qui peuvent rendre difficile l’accès aux services et aux programmes de loisirs pour les aînés qui ne parlent pas la langue officielle de Montréal.
• La stigmatisation, qui peut avoir un impact sur le bien-être général et l’accès aux services de santé des aînés de la communauté LGBTQ+.
• L’isolement social, qui peut être causé par un manque de représentation dans les espaces publics, des différences culturelles et des préjugés qui rendent difficile la participation à des activités communautaires ou le maintien de liens sociaux.
• L’accessibilité aux services, qui peut être limitée pour les aînés appartenant à des minorités ethnoculturelles et LGBTQ+ en raison d’une absence de personnel formé à la diversité culturelle et sexuelle, ainsi que de barrières linguistiques pour ceux qui ne parlent pas la langue officielle de Montréal.